Humanité et droits humains : un trésor à part ?

Par Pierre Huault, 
le 15 juillet 2020
Temps de lecture estimé : 2 minutes

Faire preuve d'humanité ou œuvrer pour les droits humains ?  Ce n'est pas nécessairement collectionner de bonnes actions plus ou moins éclatantes ni régler un problème qu'on aurait eu ou aurait encore avec la vie. Ce n'est assurément pas se jeter dans la rédemption de quelque dérive passée. Précisons également qu'il ne s'agit pas non plus, oserais-je dire : "il s'agirait d'autant moins" d'aller risquer de s'enfermer ou de se perdre dans le confortable et très gratifiant altruisme institutionnalisé de telle ou telle organisation inter ou non gouvernementale.

Vecteur d'un virus néo colonialiste qui se grefferait malignement sur une bien-pensance universaliste, l'"organisation humanitaire", par définition, instaure un ordre, une pensée politique, une direction de conscience. Certes elle n'est pas exempte de réaliser de grandes choses ou d'apporter des avancées pour le respect de droits fondamentaux des êtres vivants humains, ici ou là ou encore en son temps.

À ceci près que l'organisation, sous couvert de la meilleure volonté du monde, édicte ses codes et ses lois et tend par là à désigner ses torts à cet autre monde considéré hors-piste, lois brandies comme on conquiert des territoires jugés en friche et donc probablement impropres.

Les droits humains à force de conquête ?

Cette posture prosélyte ou de conquête, aussi excusable du point de vue du legs culturel et historique qu'elle puisse être pour celui qui la tient, est par nature questionnable et se voit à terme régulièrement opposer suspicion ou rejet. Rien d'extraordinaire à ce qu'une chose qui semble vouloir s'imposer sans "négociation" ou prise en compte de l'histoire propre du partenaire soit vouée à être rejetée par le dit partenaire.

Ainsi, alors même que les intentions du "missionnaire" seraient de promouvoir un bénéfice partagé à suivre quelques lois de "vie commune" parce qu'unanimement adoptées ailleurs, c'est la manière de cette promulgation, par une réthorique par trop zélée et un complexe de supériorité mal contenu, qui ralentit voire compromet l'avènement d'un monde "dit" meilleur… Là où le bât blesse, c'est bien que ces comportements prosélytes ou de conquête, que l'on qualifiera ici d'une certaine forme de non-respect de l'autre en ses fondements, en son histoire, ces comportements donc sont intrinsèques à toute organisation désireuse d'imprimer des méthodes.

Ce faisant, il semble bien que cette "humanité institutionnelle" soit en quelque sorte en train de scier la branche sur laquelle est assise l'humanité tout court.

Alors quoi ? Que faire ? Comment faire progresser cette conviction profonde d'un besoin de paix ? Paix des êtres humains entre eux, paix de l'Homme avec la biosphère qui le porte, paix de l'Homme avec son ignorance et ses peurs, premières sources de leur avidité et de leurs conflits mortifères.

Les droits humains sont un trésor à part : plus il est partagé, plus chacun est riche

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